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Le gaslighting ne vous fait pas seulement douter des autres.Il finit par vous faire douter de vous-même.

8 sept.
2 min de lecture

Au début, vous savez ce que vous avez vu. Vous savez ce que vous avez entendu. Vous savez ce qui a été dit. Vous savez ce qui s’est passé.


Puis on vous explique que vous avez mal compris. Que ce n’était pas comme ça. Que vous interprétez. Que vous exagérez. Que vous êtes trop sensible. Qu’il n’y avait aucune mauvaise intention.


Alors vous recommencez l’histoire dans votre tête.


Une fois. Dix fois. Cent fois.


Vous relisez les mails. Vous cherchez les messages. Vous regardez les dates. Vous conservez des captures d’écran. Vous reconstituez une chronologie.


Non plus seulement pour prouver quelque chose aux autres… mais pour vous prouver à vous-même que vous n’avez pas rêvé.


C’est cela, l’une des violences du gaslighting.


Il ne consiste pas uniquement à nier une réalité. Il installe progressivement un doute dans l’esprit de celui ou celle qui la vit. Jusqu’à cette question terrible : « Et si c’était moi qui avais tout compris de travers ? »


Derrière l’arrêté – Journal d’une suspendue raconte aussi cela.


Cette période où j’ai cherché des réponses partout. Dans les mots. Dans les silences. Dans les documents. Dans les contradictions. Dans ce qui avait été écrit hier et semblait ne plus exister aujourd’hui.


À force, on ne cherche même plus uniquement à comprendre les autres.


On cherche à retrouver confiance en son propre jugement.


Et c’est peut-être ce que j’ai trouvé de plus violent.


Parce qu’on peut se défendre contre une décision. On peut contester un écrit. On peut répondre à une accusation. Mais comment se défendre lorsque l’on commence soi-même à ne plus savoir si l’on peut faire confiance à ce que l’on voit, à ce que l’on entend, à ce que l’on ressent ?


Alors j’ai écrit.


Jour après jour.


Les faits tels que je les vivais. Les échanges. Les dates. Mes incompréhensions. Ma colère. Mes peurs. Mes propres contradictions aussi. Sans savoir, au départ, que ces pages deviendraient un livre.


Et peut-être que l’écriture m’a permis une chose essentielle : arrêter de laisser les autres écrire ma réalité à ma place.


Le tome 1 ne raconte donc pas seulement une suspension. Il raconte aussi ce qui se passe lorsque votre perception du réel est continuellement mise à l’épreuve. Lorsque vous finissez par vous demander si vous pouvez encore vous faire confiance. Et le long chemin nécessaire pour pouvoir un jour se dire : « Non. Je sais ce que j’ai vécu. »




Derrière l’arrêté – Journal d’une suspendue


Camille Dubak

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