Derrière l’arrêté : quand un carnet de voyage devient un livre
- Camille Dubak

- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 2 heures
Tout a commencé par un carnet de voyage.
Quelques pages emportées avec moi pour garder une trace d’un voyage en Espagne, de ces moments que l’on pense simplement vouloir conserver quelque part.
Je ne savais pas encore que quelques jours plus tard, ce carnet changerait complètement de fonction.
Il ne raconterait plus seulement un voyage.
Il deviendrait l’endroit où déposer ce que je n’arrivais plus à garder en moi. Les faits. Les incompréhensions. La colère. Les blessures. Mais aussi, peu à peu, les mots qui allaient me permettre de tenir debout.
C’est ainsi qu’est né Derrière l’arrêté – Journal d’une suspendue.
Je n’avais pas prévu d’écrire un livre.
J’avais simplement besoin d’écrire pour ne pas disparaître.

Tout a commencé par un carnet
Au départ, il ne devait garder que les souvenirs d’un voyage.
Je l’avais emporté avec moi en Espagne pour y noter les journées, les lieux visités, les anecdotes, les petits moments avec les élèves… Tout ce que l’on consigne dans un carnet lorsque l’on veut simplement se souvenir.
À ce moment-là, je ne savais évidemment pas que ces pages allaient bientôt raconter une tout autre histoire.

19 mars 2026 — Encore un carnet de voyage
La veille de notre retour, mes pages parlent encore de villages blancs, de balades, de shopping, d’une pizza partagée avec les élèves et même de cette valise devenue beaucoup trop lourde. Des souvenirs ordinaires d’un voyage qui touche à sa fin.
À cet instant précis, j’ignore encore que le lendemain, tout va basculer.

21 mars 2026 — Le carnet change de fonction
La veille encore, j’écrivais des souvenirs de voyage.
Vingt-quatre heures plus tard, les mots n’ont plus rien à voir.
Je suis rentrée. J’ai appris ma suspension. Et dans les pages de ce même carnet apparaissent désormais les questions, l’incompréhension et cette phrase toute simple :
« Que vais-je faire ? »
Je ne le sais pas encore.
Alors j’écris.
Et je vais continuer à écrire.

Les jours passent. Le carnet reste.
Les jours passent et les pages se remplissent. Je n’y raconte plus un voyage.
J’y dépose ce que je n’arrive pas toujours à dire. La colère. L’incompréhension. Les questions. Les silences.
Certaines phrases sont écrites calmement.
D’autres le sont en lettres capitales, comme si écrire plus fort pouvait enfin faire entendre ce que je ressens. « Ce silence me tue !!! »
À ce moment-là, ce carnet n’est toujours pas un livre. Il est simplement l’endroit où je peux tout déposer.

7 mai 2026 — Le jour où le carnet devient un livre
Pendant des semaines, j’ai écrit sans vraiment savoir où ces mots me mèneraient.
J’écrivais pour tenir. Pour comprendre. Pour déposer quelque part ce que je vivais et ce que je n’arrivais plus à garder en moi.
Puis, le 7 mai 2026, quelque chose change.
Ce jour-là, au milieu de toutes ces pages écrites à la main, je prends une décision.
« Je vais écrire un livre avec tout ce que j’ai écrit dans ce journal. »
Pour la première fois, ce carnet n’est plus seulement le témoin de ce qui m’arrive.
Il devient le point de départ de quelque chose d’autre.
Je ne sais pas encore comment je vais faire. Je ne sais pas encore jusqu’où cette histoire va me conduire.
Mais je sais pourquoi je veux l’écrire.
Je veux que les gens comprennent ce que je vis et pourquoi je le vis si intensément.
Ce 7 mai, sans le savoir encore vraiment, je viens de poser les premiers mots de ce qui deviendra : Derrière l’arrêté — Journal d’une suspendue.
Et peut-être qu’au fond, ce jour-là, je ne décide pas seulement d’écrire un livre.
Je commence à transformer ce qui me détruit en quelque chose qui m’appartient.
De ces pages au livre
À partir de ce jour-là, je n’ai plus écrit tout à fait de la même manière.
Le carnet était toujours là. Mon écriture aussi. Les événements, eux, continuaient de s’accumuler.
Mais désormais, une idée m’accompagnait : un jour, cette histoire deviendrait un livre.
Il restait pourtant encore beaucoup à vivre avant d’en écrire la dernière page.
Des démarches. Des courriers. Des attentes. Des espoirs. Des désillusions. Des jours où je pensais être assez forte et d’autres où quelques mots suffisaient à me faire vaciller.
Alors j’ai continué à écrire.
Page après page.
Et ce qui devait simplement être le carnet d’un voyage Erasmus est devenu le témoin de plusieurs mois de ma vie.
Puis est venu le temps de reprendre toutes ces notes, de les relire, de les remettre en ordre, de retrouver derrière quelques phrases griffonnées à la hâte tout ce que j’avais ressenti au moment où je les avais écrites.
C’est ainsi qu’est né Derrière l’arrêté — Journal d’une suspendue.
Et le carnet existe toujours
Je l’ai gardé.
Avec ses ratures, ses changements de couleur, ses phrases écrites parfois calmement et parfois dans l’urgence, ses dates, ses majuscules, ses mots soulignés…
Il n’est pas beau parce qu’il serait parfait.
Il est précieux parce qu’il est vrai.
Quand je le regarde aujourd’hui, je mesure le chemin parcouru entre la femme qui écrivait simplement ses journées de voyage et celle qui, quelques semaines plus tard, écrivait :
« Je vais écrire un livre. »
Elle ne savait pas encore qu’elle le ferait vraiment.
Moi, aujourd’hui, je le sais.
Derrière l’arrêté — Journal d’une suspendue existe.
Et l’histoire, elle, n’est pas terminée.

Du carnet à l’épreuve.
Quelques mois séparent ces pages écrites à la main de cette première version imprimée.
Lorsque j’ai écrit, le 7 mai 2026, « Je vais écrire un livre », je ne savais pas encore à quoi il ressemblerait.
Un jour, pourtant, je l’ai tenu entre mes mains.
Ce carnet de voyage était devenu Derrière l’arrêté — Journal d’une suspendue.
La preuve, peut-être, que certains mots écrits pour survivre finissent par devenir une histoire que l’on choisit de transmettre.


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